Samedi 3 mai 2008

25

Le gouvernement l'a clairement affirmé, il souhaite « le passage de la durée de cotisations de 40 ans à 41 ans pour que les salariés puissent bénéficier d'une retraite à taux plein. ». Pourtant, cet allongement de la durée de cotisations n'est pas sans poser nombre de questions et pourrait s'avérer inefficace.

Tout d'abord il faut préciser que c'est le bilan de la réforme de la retraite initiée par François Fillon en 2003 qui est à l'origine de la volonté du gouvernement.
Cette réforme avait pour objectif avoué d'allonger la durée de cotisation des salariés et ainsi de garantir le financement des retraites sur le long terme. L'économiste Pierre Larrouturou (qui n'a rien d'un gauchiste sectaire, lui qui a sillonné la France pour y exprimer ses idées en compagnie de Gilles de Robien en 1993) signale pourtant que les caisses de retraite qui étaient à l'équilibre en 2002 sont en déficit de 7 milliards à ce jour. De plus l'âge moyen de départ à la retraite qui était de 62.1 ans en 2001 est aujourd'hui inférieur à 61 ans. La réforme Fillon semble donc être en passe d'échouer.

Cette loi prévoyait le passage à 41 ans d'ici à 2012, il n'est donc pas anormal que le gouvernement s'appuie sur celle-ci, cependant l'effort réclamé au salarié devait être assorti d'une hausse du taux d'emploi des plus de 55 ans, or ce taux n'a quasiment pas évolué (il est de 38.1% en 2006, 42.5% en Europe en 2005).
Dans la situation actuelle, un tel changement aurait des conséquences néfastes pour les salariés qui dans la plupart des cas ne cotiseraient pas assez pour disposer d'une retraite à taux plein. De plus, cet allongement s'avérerait inefficace quand au financement des retraites car il ne permettrait pas de rentrée immédiate de cotisations.

On ne peut donc que déplorer cet allongement qui, s'il s'avérait être mis en place, aurait des implications dramatiques sur les niveaux de retraite des français et ne garantirait en rien la pérennité du système de retraite par répartition.
Le gouvernement serait bien inspiré d'écouter certaines propositions comme par exemple celle de la CFDT, qui réclame une augmentation de 0.5% des cotisations vieillesses des entreprises pour « faire payer provisoirement aux entreprises l'effort qu'elles n'ont pas fait. ». Il serait également temps que la discussion entre partenaires sociaux sur la pénibilité au travail (certes très complexe) entamée depuis plus de trois ans aboutisse à un résultat.

Sources :
Le Monde : 1, 2
Rue89
Conseil d'Orientation sur les Retraites
par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 10 avril 2008

24

On a pu voir récemment sur Le Monde.fr que la récente réélection du sénateur-maire de Corbeil-Essonnes Serge Dassault était contestée. Bien entendu nous n'entendons pas ici nous prononcer sur cette affaire que la justice administrative française tranchera souverainement. Néanmoins, celle-ci rappelle à notre bon souvenir celui qui déclarait sur France Inter en 2004 que les journaux devaient diffuser « des idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». Il y a quelques temps Rue 89 nous révélait qu'une journaliste de l'émission de Daniel Mermet « Là bas si j'y suis » sur France Inter avait été agressée par le service d'ordre de Serge Dassault pour avoir posé des questions un peu trop embarrassantes au maire de Corbeil-Essonnes en campagne. Ces deux éléments s'avèrent révélateurs de la conception de la presse et de la Démocratie du Sénateur Dassault. Il est en effet troublant qu'un grand patron de presse (monsieur Dassault est le président de la Socpresse et du groupe Express-Expansion comprenant des journaux tels que le Figaro ou encore L'Express) refuse autant la critique et se livre à de pareilles pratiques. Ses déclarations de 2004 n'ont pas été démenties et témoignent d'une vision bien restrictive du journalisme.

Sources : LeMonde.fr, Rue89

 

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 24 février 2008

23

Nouvelobs.com indique que Nadine Morano, porte parole de l'UMP a tenu les propos suivants: "Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste qui se met clairement du côté des assassins et oublie toutes les victimes. C'est irresponsable de jouer avec la sécurité des Français". Cette déclaration concerne les critiques émises par le PS sur la loi sur la récidive récemment adoptée par le parlement. Cela rappelle le Nicolas Sarkozy de la campagne présidentielle, qui suite aux échauffourées survenues à la gare du Nord, avait déclaré : « Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui payent leur billet ». En matière judiciaire, le crédo de la majorité se fonde sur un manichéisme rhétorique affligeant. La moindre tentative d'approche explicative se voit ainsi taxer de laxisme, la moindre contestation d'une loi entraine des accusations de soutien affiché aux assassins et aux violeurs d'enfants. Et c’est pourtant l’UMP Pierre Lellouche qui reprochait récemment à la gauche ses méthodes dignes de la STASI…

Sources :  Nouvelobs.com 1 ; 2
par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (10)    recommander
Vendredi 22 février 2008

22

Dans son discours devant le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), le Président de la République a déclaré que « le drame du XXème siècle n’est pas né d’un excès de l’idée de Dieu, mais de sa redoutable absence. Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s’est pas révélé tellement préférable. »

 

La démonstration du Président fait encore une fois appel à une astuce rhétorique souvent utilisée par lui : il dénonce les propositions imaginaires de supposés adversaires, agrégées à partir d’une idée vague de ce qu’un certain sens commun peut porter sur une question donnée. Là, ceux que vise le discours présidentiel sont les tenants naïfs d’une thèse simpliste : l’athéisme, remède universel, est porteur de paix. Dès lors, évidemment, l’argument fonctionne : le communisme, antireligieux, ne s’est pourtant pas révélé particulièrement pacifique. Mais contre qui le Président soulève-t-il cette évidence ? Quels athées se réclament de ce discours ? Nicolas Sarkozy simplifie à outrance une question qu’on ne peut sérieusement trancher avec pareil aplomb. Mais surtout, en associant insidieusement l’absence de Dieu au nazisme et au communisme, il ne laisse guère d’alternative : il faut croire.

 

L’attaque contre la laïcité est donc indirecte, comme toujours. Elle n’en est pas moins grave. En tenant de pareils discours, que l’on passerait à un individu lambda ou à un candidat, l’institution présidentielle s’engage sur une voie nouvelle. Le Président de la République prend singulièrement parti pour les croyants, contre les athées ou les agnostiques. Et voilà la laïcité bien mal en point ! De facto, elle est contestée par la plus haute autorité de l’Etat, qui déclare publiquement et à plusieurs reprises favoriser la foi sur l’absence de foi. C’est une gifle pour ceux qui considéraient la laïcité comme une neutralité bienvenue, à même de garantir des relations pacifiés entre les croyants des différentes religions, les athées et les agnostiques.

 

Mais le Président était allé plus loin dans son discours à la basilique de Saint-Jean-de-Latran : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage du bien et du mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur (…) parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

 

Là encore, aucune alternative : il n’est de morale que religieuse. Encore une fois, le Président tranche de manière fort discutable un débat philosophique qui demande bien plus de finesse que sa formule n’en contient. Au passage, le hussard noir de la République est brutalement jeté aux orties. Comme si l’école avait besoin de ce très officiel coup de boutoir supplémentaire. On croirait entendre les conservateurs de la troisième République prendre leur revanche contre la loi de 1905 !

 

Plus récemment, c’est la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui en remet une couche dans une interview à VSD, se répandant en de douteuses déclarations sur le « non-problème » que représenteraient les sectes. Si elle nie maintenant avoir tenu les propos qu’on lui reproche, l’important se trouve dans une partie de l’interview qui n’est pas contestée et qui confirme ce qu’on relève plus haut dans les discours du Président de la République : rappelant que celui-ci a affirmé que « la question spirituelle doit jouer un rôle dans la société », elle note que « la quête de sens n'a sûrement jamais été aussi importante qu'aujourd'hui. La croyance diffuse des valeurs, et tout ce qui diffuse des valeurs est positif ».

 

Voilà donc la ligne sarkozienne : les valeurs, à n’importe quel prix. Tant et si bien que dans ces discours (et en particulier quand une directrice de cabinet dédouane les sectes !), on sent percer déjà une politique volontariste, amenée avec plus ou moins de douceur. En manque de lien social, la France aurait besoin du secours des religions, toutes les religions. Tout ça n’est rien moins que du marxisme perverti, où l’Etat vend au peuple son opium.

 

Sources : L’Humanité, Le Nouvel Observateur

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (12)    recommander
Samedi 16 février 2008

21

Voilà plus d’un mois que nous n’avons pas écrit. C’est que, l’un comme l’autre, nous n’avions plus une seconde à consacrer à ce blog. Est-ce à dire qu’il n’y avait rien à relever dans les remous qui agitent la scène politique ? Non, bien sûr. On se gardera de résumer ici tous les événements qui nous ont marqués, il y aurait trop à dire. Pour sûr, nous n’avons pas trouvé dans l’actualité beaucoup de motifs de réjouissance…

 

Aujourd’hui, c’est l’annonce de Nicolas Sarkozy quant à l’enseignement de la Shoah aux classes de CM2 qui a suscité notre surprise, ainsi qu’un certain malaise. Mercredi, lors d’un discours prononcé devant le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), le Président a dévoilé une initiative; : « confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant français victime de la Shoah ».

 

On ne peut s’empêcher de voir dans la mesure une autre manifestation de cette propension à l’immixtion des affects dans l’apprentissage de l’Histoire qui pointait déjà dans la volonté présidentielle de faire lire la lettre du jeune résistant fusillé Guy Môquet dans les lycées. On ne peut que s’étonner de cette insistance, tant on a entendu dans le passé Nicolas Sarkozy se répandre en mépris sur la repentance. Ainsi dans un discours à Metz daté du 17 avril dernier déclarait-il :

«
Ici, on n’aime pas la repentance, cette mode exécrable qui veut faire expier aux fils les fautes supposées de leurs pères. Ici on n’aime pas la repentance qui est un dénigrement systématique de la France et de son histoire.
Je déteste cette repentance qui est une forme de la détestation de soi parce que l’on n’a qu’un pays. Le détester c’est se détester soi-même.
Je déteste cette repentance qui est une falsification de l’histoire de France.
Car la France n’a pas à avoir honte de son histoire.»

 

Soyons honnêtes, ce que visait Nicolas Sarkozy dans son propos d’alors n’est sans doute pas exactement ce qu’il propose aujourd’hui. N’empêche, comment considérer cette célébration morbide et larmoyante –on ne saurait employer de termes plus modérés face à l’étrange idée surgie de nulle part-, sinon comme une incohérence ? Ce que propose le Président semble, et nous sommes loin d’être les seuls à le penser, constituer justement le versant le plus malsain du devoir de mémoire. Comment se rapprocher plus de la détestation de soi qu’avec ce parrainage funeste ?

 

Mais laissons de côté nos a priori quant au contenu de la proposition pour nous concentrer sur la forme. Une fois de plus, le pouvoir entend se mêler d’Histoire. Comme lors de la controverse autour de l’amendement exigeant que les programmes scolaires reconnaissent le « rôle positif de la colonisation », on est obligé de s’étonner de ce que la politique veuille façonner ainsi l’éducation et le souvenir. De plus, c’est encore une fois dans une apparente absence de concertation que le Président annonce une mesure fracassante, ce qui ne peut qu’inquiéter lorsqu’il s’agit de sujets aussi sensibles. A croire que quelque conseiller a soudain suggéré au Président que les enseignants d’école primaire ne faisaient pas leur travail et qu’il fallait revoir l’enseignement de l’Holocauste ! On n’a pourtant pas souvenir que quiconque se soit plaint de ce que cet enseignement fut incomplet…

 

La méthode, plus que le fond, est terriblement symptomatique de ce qui inquiète et dérange dans la présidence Sarkozy. On ne sait pas trop ce que vient faire cette annonce au milieu d’un agenda politique chargé, si ce n’est occuper encore et toujours l’espace médiatique. Il n’est pas sûr que la stratégie soit toujours payante…

 

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Mercredi 2 janvier 2008

20

Le Figaro.fr relate qu’Eric Besson « relance le projet de TVA sociale ». Certains voient dans ce projet une hausse pure et simple de la Taxe sur la Valeur Ajoutée visant à financer les 15 milliards dépensés au début du mandat  de Nicolas Sarkozy, mais cela paraît trop simplificateur et pour scandaleux qu’ils soient, ces cadeaux fiscaux (qui, pour les trois quarts d’entre eux, ne favorisent que les haut revenus) ne peuvent pas servir de contre argumentaire à toute réforme initiée par le gouvernement.

 

 En réalité, il faut regarder cette mesure comme une volonté de réformer la protection sociale de notre pays, à recettes constantes. A l’heure actuelle celle-ci est financée exclusivement par le « travail » (il faut entendre par là le facteur travail au sens économique du terme), autrement dit par les cotisations salariales et patronales. Et c’est de ce constat que naît la volonté du gouvernement de financer une partie de la protection sociale en augmentant la TVA et en pesant moins sur le travail. L’idée est séduisante en théorie mais est-elle réellement sérieuse ?

 

En effet, en augmentant la TVA, les personnes à bas revenus verraient leurs problèmes de pouvoir d’achat s’aggraver. De plus comment examiner sérieusement un projet que l’on se propose d’appeler « taxe anti-délocalisations » ? Si les biens Chinois, Indiens ou encore Japonais seront bel et bien augmentés de deux ou trois points l’impact n’en sera que dérisoire tant certains biens produits par ces pays sont hyper compétitifs. Ainsi, les gains de compétitivité apportés par la baisse des coûts du travail risque de n’être pas suffisante, voire insensible. Il faudrait aussi savoir dans quelle mesure les entreprises seront libres de profiter des baisses de coûts du travail : initialement, les défenseurs de la TVA sociale expliquaient que la hausse des prix serait contenue par la répercussion des baisses de coûts sur les prix. Rien ne semble le garantir.

 

Le débat va avoir lieu et c’est très bien ainsi. Néanmoins, il semble que si la TVA sociale n’est pas le mal absolu décrit par les socialistes de l’entre deux tours à des fins électorales, elle n’est pas non plus la solution miracle aux délocalisations décrite par la majorité actuelle.

Elle révèle le manque d’ambition et de vision du long terme du gouvernement que nous déplorions dans l’article précédent au sujet de la Sécurité Sociale (les deux sujets étant bien évidemment liés). Il conviendrait qu’une réforme globale du financement de la protection sociale de notre pays soit mise en œuvre en remettant tout les éléments de celle-ci à plat. A la mini-réforme injuste des franchises médicales s’ajoute ainsi le mini-projet de réforme de la TVA sociale.

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 1 janvier 2008

19

C’est aujourd’hui qu’entrent en vigueur les franchises médicales, comme nous le rappelle Libération. Cette réforme pose divers problèmes.

 

Un problème d’équité tout d’abord. En effet, en dehors des bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle et des enfants, tout le monde devra s’acquitter de la même franchise. Or il est évident que si la somme prélevée (50 centimes par soin, dans une limite de 50 euros par an et par personne) paraîtra tout à fait modique à une personne aisée, elle pourra être considérable pour une personne à bas revenu qui ne bénéficierait pas de la CMU.

 

De plus, cette réforme ouvre une brèche symbolique dans le modèle de sécurité sociale français basé sur la solidarité et qui avait pour principe que les frais de soins d’une personne malade soient assurés par l’ensemble de la collectivité. S’installe alors lentement l’idée du malade payeur, au nom d’une nécessité budgétaire psalmodiée depuis des années. Sans doute des sacrifices sont-ils nécessaires, mais rien n’indique que ceux qu’exige le gouvernement actuel soient pertinents.

 

La sécurité sociale a fait la fierté de la France durant la seconde moitié du vingtième siècle et jusqu’à nos jours. Son déficit qui est d’environ 12 milliards d’euros, n’est pas catastrophique mais problématique, or si une réforme (rappelons au passage la définition du terme que nos gouvernants semblent avoir oubliés: une réforme est un changement dont le but est d'apporter une amélioration) est nécessaire, elle devrait être plus ambitieuse et équitable que ne l’est celle-ci, dont le nom même de « franchise » témoigne d’une perspective comptable, bien morose pour la sécurité sociale française.

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 10 décembre 2007

18

Lors de son intervention télévisée du 29 novembre dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé la future cession de 3% des titres d’EDF afin d’obtenir 5 milliards d’euros qu’il promet d’injecter dans le budget de l’Université. Cette initiative apparaît être positive, puisqu’elle permet d’allouer une somme conséquente à une université française qui manque cruellement de moyens, de plus la cession de 3% des titres n’affecte pas le caractère public de l’entreprise. Mais nous sommes-là dans la théorie et la pratique nous montre que l’opération a souffert d’un manque d’organisation très regrettable. Ainsi le monde.fr nous révèle que l’annonce du président Sarkozy est intervenue trois jours avant la vente effective des titres, dés lors la sanction est tombée et dés le lendemain l’action a perdu 3% et la capitalisation d’EDF a baissé de 4,74 milliards ! Les actionnaires ont agi rationnellement (ce qui ne veut pas dire que la spéculation est morale) car pourquoi acheter cher aujourd’hui ce que l’on peut avoir pour moins cher demain ? La spéculation boursière fait partie depuis des lustres de la réalité financière et les exemples ne manquent pas ; mais ce qui est nouveau et agaçant dans cette affaire, c’est le comportement de Nicolas Sarkozy dont la stratégie médiatique de perpétuelle agitation aura coûté plusieurs millions d’euros à l’Etat français.

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander
Dimanche 2 décembre 2007

17

Avec un peu de retard et avant peut-être de revenir sur des événements plus proches (question du pouvoir d’achat, libération d’Ingrid Bettancourt), nous nous en voudrions de ne pas souligner l’agacement qu’ont soulevé certains faits récents.

 

D’abord, une anecdote révélatrice (source : Rue89). Nicolas Sarkozy, le vendredi 16 novembre, a annoncé à des journalistes des Echos le nom de leur futur patron, Nicolas Beytout, transfuge du Figaro et proche du Président. Certes, on s’indignera une fois de plus de la collusion entre le pouvoir et les dirigeants : ça n’a rien de nouveau, mais ça n’en reste pas moins révoltant. Plus encore, ce qui choque dans cet épisode, c’est qu’on peut, en ayant l’esprit mal placé, croire que le Président a carrément influencé directement la prise de décision de son ami Bernard Arnault, qui reprend les Echos. En tous cas, le Président ne prend même plus la peine de feindre une quelconque indépendance et va jusqu’à narguer les journalistes.


Autre épisode agaçant : la suppression récente d’une exonération de redevance audiovisuelle pour 780000 retraités à faible revenu (source : NouvelObs). Cette exonération était certes temporaire (c’était un dispositif voté par le Parlement pour assurer la transition vers un nouveau régime de prélèvement, puisque la redevance audiovisuelle sera désormais adossée à la taxe d’habitation), mais désormais, des personnes qui ne payaient pas les 116 euros annuels que représente la redevance audiovisuelle devront s’en acquitter. Quatre jours avant, la même Assemblée Nationale votait la suppression de l’impôt de Bourse (source : Les Echos).

Certes, le caractère technique de ces mesures et la complexité relative des questions fiscales pousse à la prudence quant à la comparaison de ces deux « symboles » qu’on peut être tenté de considérer comme des signes d’une iniquité constante dans les délibérations de la majorité. Néanmoins, toutes réserves prises en compte, il faut bien reconnaître que le parallèle est troublant. Au mieux, c’est la preuve que les priorités de l’UMP et du Nouveau Centre sont sans doute plus proches de la Bourse que des petits retraités qui devront payer 116 euros supplémentaires par an, ce qui représente une somme considérable pour nombre d’entre eux.

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (10)    recommander
Lundi 19 novembre 2007

16

Libération nous révèle la désignation par l’UMP de Daniel Simonpieri comme candidat aux élections municipales à Marignane. Il a déjà été élu en 1995 sous l’étiquette FN et réélu en 2001 sous l’étiquette MNR. C’est 20 Minutes qui fait état d’un épisode survenu l’an passé et conté par la présidente de la section locale du MRAP : « En septembre 2006, il avait applaudi un conseiller municipal qui, feignant de s'adresser au président algérien Abdelaziz Bouteflika, lui demandait de «reprendre chez lui les millions d'Algériens» qui vivent en France car cela «viderait les prisons» ». Certes, l’affaire suit toujours son cours mais elle jette le trouble sur cet homme qui, en 2005, souhaitait ardemment ériger une stèle en l’honneur des combattants de l’OAS, suscitant une vague polémique à Marignane (la proposition a été retardée puis finalement adoptée). Il apparaît réellement déplacé pour l’UMP de désigner monsieur Simonpieri à Marignane, car l’homme ne semble pas avoir changé ; d’autant plus déplacé que cet avatar n’est pas sans rappeler la récente désignation par l'UMP de Christian Vanneste  à Tourcoing (rapporté par la voix du Nord), alors qu’il fut condamné à deux reprises pour des propos homophobes (« l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité ») et qui semble bien toujours porté par de pareils idéaux.

De ces deux affaires, on retire qu’à des fins électorales, l’UMP préfère désigner deux candidats bien implantés localement plutôt que s’embarrasser de considérations morales. Les électeurs jugeront mais on peut d’ores et déjà dénoncer cette contradiction entre les discours et les actes.

par JY & A
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Articles récents

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus