Dimanche 18 janvier 2009

31

Allégrement cités et commentés par la presse. Instrumentalisés politiquement par le gouvernement et l'opposition. Les chiffres de la délinquance suscitent la polémique. Assez pour que l'on se pose un instant et que l'on y réfléchisse.

D'emblée plusieurs éléments sautent aux yeux. D'une part les statistiques de la délinquance sont effectuées par les services de police. Ce choix n'est pas anodin ni sans effets comme on le verra. On aurait pu imaginer qu'une instance tierce telle que l'INSEE par exemple se soit vue confier leur élaboration comme c'est le cas pour le chômage.

D'autre part les chiffres de la délinquance sont élaborés sur le plan national par l'observatoire national de la délinquance. On peut comprendre le souci d'un Etat unitaire et très jacobin comme la France de fournir de tels chiffres mais concrètement une analyse en terme d'aires d'habitations est bien plus pertinente, notamment en terme d'action publique.

Il faut également préciser que les chiffres dont nous parlons sont produits à partir des faits constatés, c'est-à-dire des procès verbaux transmis par la police à la justice.



La culture du résultat et ses conséquences


A son arrivée Place Beauvau en 2002, Nicolas Sarkozy a voulu introduire ce qu'il a lui-même appelé « la culture du résultat » pour la police. Le sarkométre est mis en place avec la convocation tous les mois des 3 responsables départementaux en matière de sécurité ayant obtenus les meilleurs chiffres et des 3 plus mauvais « élèves ». Cette volonté d'améliorer les performances de la police n'est pas condamnable, elle est même souhaitable. Elle n'est pas non plus nouvelle. Mais l'accent trop fort mis sur les chiffres aboutit à des dérives dommageables. Pour n'en citer que quelques uns repérés par les chercheurs Jean-Hugues Matelly et Christian Mouhanna Le but est d'obtenir un taux d'élucidation le plus élevé possible et de constater moins d'infraction, les pratiques sont vieilles comme la police mais tendent à s'accentuer si l'on en croit les auteurs :


-Harcèlement de cibles molles : On se rend fréquemment dans des lieux bien connus pour leur délinquance récurrente, l'exemple typique est la concentration sur les toxicomanes ou les prostituées dont on sait très bien où ils se trouvent : Taux d'élucidation : 100%

-Reports d'enregistrements : Il permet de faire passer des infractions à la trappe

- Préférence pour les contraventions et les mains courantes qui n'entrent pas dans les statistiques.

-Refus d'enregistrer une plainte

...



La liste est encore longue et problématique. Pour les policiers tout d'abord car cela écorne leur image et nuit considérablement à leurs relations avec les citoyens, or comment lutter contre la délinquance sans bonne relation avec ceux-ci ? Pour les citoyens ensuite qui lors de leurs rapports avec la police se sentent frustrés et d'autant plus que les victimes d'actes délinquants ont besoin d'un accueil digne de ce nom. Un accueil de qualité. Ce mot qui mérite d'être réaffirmé face à la dérive quantitativiste que nous connaissons aujourd'hui.




Sources : -Jean-Hugues Matelly et Christian Mouhanna,  Police : des chiffres et des doutes. Regard critique sur les statistiques de la délinquance, Editions Michalon, octobre 2007

              - http://www.inhes.interieur.gouv.fr/Observatoire-national-de-la-delinquance-6.html

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Samedi 29 novembre 2008

30

Nous déplorions lors du billet 27 « la désignation du Président du groupe France Télévisions  par l'exécutif » qui constituait à nos yeux un retour en arrière démocratique. Cette mesure a été conservée dans le projet de loi sur l'audiovisuel mais celui-ci a également été étoffé d'un amendement singulier. En effet les députés de la commission spéciale sur l'audiovisuel ont décidé de diviser par deux la taxation des télévisions privées (visant à compenser la suppression prochaine de la publicité sur les chaînes publiques à partir de 20 heures). Les opérateurs de télécommunications verront quand à eux le montant de leurs taxes modulé sur leurs résultats.


Pareille mesure ne peut pas passer inaperçue. Si la suppression de la publicité sur le service public peut paraître pertinente (programmes du soir commençant plus tôt pour le téléspectateur, plus grande indépendance des chaînes vis-à-vis de leurs annonceurs), son financement est plus discutable. Peut être eut-il mieux valu comme le proposent certains syndicats monter la redevance audiovisuelle et la prélever à la source proportionnellement aux revenus.


Cette mesure était déjà une aubaine pour les grandes chaînes de télévision privées telle TF1 et M6, décider de diminuer leur taxation frôle dés lors l'indécence.

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 27 septembre 2008

29

Après s'être exprimé à la tribune de l'ONU mardi, le Président de la République a prononcé jeudi soir à Toulon, un discours sur la crise financière. Deux remarques peuvent être apportées.

 

Tout d'abord sur la forme, Nicolas Sarkozy s'exprime à Toulon devant de nombreux militants UMP et ne risque donc pas la moindre contradiction de journalistes ou d'experts. C'est une manie française qui veut que le Président, véritable monarque républicain, puisse choisir la forme de ses interventions et jusqu'à l'identité des personnes qui l'interrogeront.

 

Sur le fond, les propos du président sont surprenants. Il a été question de régulation, de moralisation du capitalisme. Il a même évoqué « ces responsables de la crise » qui devaient « être sanctionnés et rendre des comptes ». On ne peut que partager ces paroles qui ne manquent pourtant pas de sel, si l'on reprend les propos de celui qui n'était alors qu'un ministre de l'intérieur en campagne. Nicolas Sarkozy avait en effet déclaré aux Echos le 9 Novembre 2006 : « Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C'est ce qui a permis de soutenir la croissance économique aux Etats-Unis». Ce sont ces prêts qui ont entraînés la crise des subprimes à l'origine des problèmes actuels.

 

L'actuel président de l'Union Européenne semble adopter une toute autre vision économique, évoquant même un nouveau Bretton Woods , ou encore la fin des golden parachutes. Une perspective positive mais il ne faudrait pas que ce type de discours ne soit qu'une illusion semblable aux envolées stériles de l'ex-président Chirac sur l'environnement.

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 24 juillet 2008

28

Encore une fois, il faut reconnaître que nous sommes à la traîne face au torrent de nouvelles que la présidence Sarkozy continue de déverser sur les ondes, les écrans et les unes de France. Néanmoins, il y a des informations qui font plus réagir que d'autres.

 

Ainsi de la rumeur du site Nouvel Obs , selon laquelle le président de la République aurait "demandé la tête" de Franz-Olivier Giesbert, directeur du Point, au propriétaire du journal, François Pinault. Cette information, déjà choquante en elle-même, vient couronner une série d'actes et d'attitudes particulièrement ambigus de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la presse.

 

On se rappelle l'épisode peu glorieux du limogeage d'Alain Généstar par Arnaud Lagardère, suite à la couverture de Paris-Match sur les frasques de Cécilia Sarkozy. Peu après l'élection de 2007, on s'étonnait de voir nommé Laurent Solly, un proche de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1  Récemment, c'est le projet d'attribuer au Président la compétence de nomination du président du service public télévisuel qui suscitait un malaise. Ce ne sont là que des exemples isolés, que l'on pourrait compléter par un tableau assez inquiétant d'un paysage journalistique français dominé par des grands groupes dont les dirigeants sont proches du pouvoir (Lagardère, Bouygues, Bolloré, Dassault).

 

Ce nouvel épisode ne fait donc que confirmer une tendance franchement étonnante pour une démocratie moderne, une collusion hasardeuse du pouvoir et des médias dont on ne voit pas quels pourraient être les effets bénéfiques. La conduite de Nicolas Sarkozy à l'égard de la presse s'embarrasse à peine de faux -semblants, et tous ces signes de reprise en main et d'influence directe du pouvoir ne laissent d'inquiéter. On a beaucoup raillé l'Italie berlusconienne, mais il ne faudrait pas attendre d'en arriver-là pour se soucier de la situation française...

 

 

 

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 6 juillet 2008

27

Le Président de la République a dévoilé il y a quelques temps sa réforme de la télévision publique. Outre la suppression de la publicité à partir de 20 heures (qui constitue une inflexion par rapport à la volonté initiale de supprimer intégralement la publicité sur les chaînes du groupe France Télévision), Nicolas Sarkozy souhaite que le président du groupe France Télévision soit « nommé par l'exécutif ». C'est selon lui une mesure « démocratique » et les choses seraient simplifiées puisqu'« il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président ».

Tout d'abord, on peine à voir comment ce mode de désignation pourrait être qualifié de « mesure démocratique ». En effet, contrairement à la règle en vigueur actuellement (sous l'étroit contrôle du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, bien que la nomination conserve quelques ambiguïtés politiques), la nouvelle règle ne prévoit pas d'autre garde fou qu'une consultation non contraignante du CSA et d'un vote d'opposition à la majorité qualifiée de l'assemblée, ce qui serait fort peu probablement réalisable, puisque cela exigerait de la part d'une bonne partie des députés de la majorité qu'ils s'opposent frontalement au Président de la République.

L'argument de la simplification de la procédure n'est également pas acceptable. La fonction même des médias dans la vie politique rend évidents les dangers, ou du moins les soupçons, que ne manquera pas de faire remonter le système voulu par Nicolas Sarkozy. Ce prétendu bon sens inspiré du CAC 40 ne cache pas une seconde ce qui ressemble à une reprise en main. Il est peu probable que la République française prenne un tour dictatorial, quand bien même le Président de la République nommerait le président du groupe France Télévision. Mais il est à peu près certain que la démocratie n'en sortira pas grandie.

Source: Libération
Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 juin 2008

26

On apprend qu'un accord a été trouvé entre les pays de l'Union Européenne, concernant le temps de travail. Cet accord prévoit « de permettre une durée maximale hebdomadaire de 60 ou 65 heures pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger aux 48 heures. (qui constituent à l'heure actuelle la durée maximale légale dans l'Union) ». Cette dérogation n'est pas limitée dans le temps. On peine dès lors à comprendre ce qui pousse Xavier Bertrand, le Ministre français du travail et de l'emploi à clamer sa satisfaction : « L'heure est clairement à la relance de l'Europe sociale ». En effet, bien que cette mesure ne s'appliquera pas à la France, quel en est l'intérêt « social » pour les travailleurs européens ? Il faut espérer que le Parlement Européen ne votera pas cet accord qui constituerait un recul social important. La présidence française du conseil de l'Union Européenne s'ouvrira le 1er Juillet 2008, espérons que la France y sera plus inspirée qu'elle ne l'est actuellement.

Source : NouvelObs
Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 3 mai 2008

25

Le gouvernement l'a clairement affirmé, il souhaite « le passage de la durée de cotisations de 40 ans à 41 ans pour que les salariés puissent bénéficier d'une retraite à taux plein. ». Pourtant, cet allongement de la durée de cotisations n'est pas sans poser nombre de questions et pourrait s'avérer inefficace.

Tout d'abord il faut préciser que c'est le bilan de la réforme de la retraite initiée par François Fillon en 2003 qui est à l'origine de la volonté du gouvernement.
Cette réforme avait pour objectif avoué d'allonger la durée de cotisation des salariés et ainsi de garantir le financement des retraites sur le long terme. L'économiste Pierre Larrouturou (qui n'a rien d'un gauchiste sectaire, lui qui a sillonné la France pour y exprimer ses idées en compagnie de Gilles de Robien en 1993) signale pourtant que les caisses de retraite qui étaient à l'équilibre en 2002 sont en déficit de 7 milliards à ce jour. De plus l'âge moyen de départ à la retraite qui était de 62.1 ans en 2001 est aujourd'hui inférieur à 61 ans. La réforme Fillon semble donc être en passe d'échouer.

Cette loi prévoyait le passage à 41 ans d'ici à 2012, il n'est donc pas anormal que le gouvernement s'appuie sur celle-ci, cependant l'effort réclamé au salarié devait être assorti d'une hausse du taux d'emploi des plus de 55 ans, or ce taux n'a quasiment pas évolué (il est de 38.1% en 2006, 42.5% en Europe en 2005).
Dans la situation actuelle, un tel changement aurait des conséquences néfastes pour les salariés qui dans la plupart des cas ne cotiseraient pas assez pour disposer d'une retraite à taux plein. De plus, cet allongement s'avérerait inefficace quand au financement des retraites car il ne permettrait pas de rentrée immédiate de cotisations.

On ne peut donc que déplorer cet allongement qui, s'il s'avérait être mis en place, aurait des implications dramatiques sur les niveaux de retraite des français et ne garantirait en rien la pérennité du système de retraite par répartition.
Le gouvernement serait bien inspiré d'écouter certaines propositions comme par exemple celle de la CFDT, qui réclame une augmentation de 0.5% des cotisations vieillesses des entreprises pour « faire payer provisoirement aux entreprises l'effort qu'elles n'ont pas fait. ». Il serait également temps que la discussion entre partenaires sociaux sur la pénibilité au travail (certes très complexe) entamée depuis plus de trois ans aboutisse à un résultat.

Sources :
Le Monde : 1, 2
Rue89
Conseil d'Orientation sur les Retraites
Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 10 avril 2008

24

On a pu voir récemment sur Le Monde.fr que la récente réélection du sénateur-maire de Corbeil-Essonnes Serge Dassault était contestée. Bien entendu nous n'entendons pas ici nous prononcer sur cette affaire que la justice administrative française tranchera souverainement. Néanmoins, celle-ci rappelle à notre bon souvenir celui qui déclarait sur France Inter en 2004 que les journaux devaient diffuser « des idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». Il y a quelques temps Rue 89 nous révélait qu'une journaliste de l'émission de Daniel Mermet « Là bas si j'y suis » sur France Inter avait été agressée par le service d'ordre de Serge Dassault pour avoir posé des questions un peu trop embarrassantes au maire de Corbeil-Essonnes en campagne. Ces deux éléments s'avèrent révélateurs de la conception de la presse et de la Démocratie du Sénateur Dassault. Il est en effet troublant qu'un grand patron de presse (monsieur Dassault est le président de la Socpresse et du groupe Express-Expansion comprenant des journaux tels que le Figaro ou encore L'Express) refuse autant la critique et se livre à de pareilles pratiques. Ses déclarations de 2004 n'ont pas été démenties et témoignent d'une vision bien restrictive du journalisme.

Sources : LeMonde.fr, Rue89

 

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008

23

Nouvelobs.com indique que Nadine Morano, porte parole de l'UMP a tenu les propos suivants: "Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste qui se met clairement du côté des assassins et oublie toutes les victimes. C'est irresponsable de jouer avec la sécurité des Français". Cette déclaration concerne les critiques émises par le PS sur la loi sur la récidive récemment adoptée par le parlement. Cela rappelle le Nicolas Sarkozy de la campagne présidentielle, qui suite aux échauffourées survenues à la gare du Nord, avait déclaré : « Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui payent leur billet ». En matière judiciaire, le crédo de la majorité se fonde sur un manichéisme rhétorique affligeant. La moindre tentative d'approche explicative se voit ainsi taxer de laxisme, la moindre contestation d'une loi entraine des accusations de soutien affiché aux assassins et aux violeurs d'enfants. Et c’est pourtant l’UMP Pierre Lellouche qui reprochait récemment à la gauche ses méthodes dignes de la STASI…

Sources :  Nouvelobs.com 1 ; 2
Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Vendredi 22 février 2008

22

Dans son discours devant le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), le Président de la République a déclaré que « le drame du XXème siècle n’est pas né d’un excès de l’idée de Dieu, mais de sa redoutable absence. Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s’est pas révélé tellement préférable. »

 

La démonstration du Président fait encore une fois appel à une astuce rhétorique souvent utilisée par lui : il dénonce les propositions imaginaires de supposés adversaires, agrégées à partir d’une idée vague de ce qu’un certain sens commun peut porter sur une question donnée. Là, ceux que vise le discours présidentiel sont les tenants naïfs d’une thèse simpliste : l’athéisme, remède universel, est porteur de paix. Dès lors, évidemment, l’argument fonctionne : le communisme, antireligieux, ne s’est pourtant pas révélé particulièrement pacifique. Mais contre qui le Président soulève-t-il cette évidence ? Quels athées se réclament de ce discours ? Nicolas Sarkozy simplifie à outrance une question qu’on ne peut sérieusement trancher avec pareil aplomb. Mais surtout, en associant insidieusement l’absence de Dieu au nazisme et au communisme, il ne laisse guère d’alternative : il faut croire.

 

L’attaque contre la laïcité est donc indirecte, comme toujours. Elle n’en est pas moins grave. En tenant de pareils discours, que l’on passerait à un individu lambda ou à un candidat, l’institution présidentielle s’engage sur une voie nouvelle. Le Président de la République prend singulièrement parti pour les croyants, contre les athées ou les agnostiques. Et voilà la laïcité bien mal en point ! De facto, elle est contestée par la plus haute autorité de l’Etat, qui déclare publiquement et à plusieurs reprises favoriser la foi sur l’absence de foi. C’est une gifle pour ceux qui considéraient la laïcité comme une neutralité bienvenue, à même de garantir des relations pacifiés entre les croyants des différentes religions, les athées et les agnostiques.

 

Mais le Président était allé plus loin dans son discours à la basilique de Saint-Jean-de-Latran : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage du bien et du mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur (…) parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. »

 

Là encore, aucune alternative : il n’est de morale que religieuse. Encore une fois, le Président tranche de manière fort discutable un débat philosophique qui demande bien plus de finesse que sa formule n’en contient. Au passage, le hussard noir de la République est brutalement jeté aux orties. Comme si l’école avait besoin de ce très officiel coup de boutoir supplémentaire. On croirait entendre les conservateurs de la troisième République prendre leur revanche contre la loi de 1905 !

 

Plus récemment, c’est la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui en remet une couche dans une interview à VSD, se répandant en de douteuses déclarations sur le « non-problème » que représenteraient les sectes. Si elle nie maintenant avoir tenu les propos qu’on lui reproche, l’important se trouve dans une partie de l’interview qui n’est pas contestée et qui confirme ce qu’on relève plus haut dans les discours du Président de la République : rappelant que celui-ci a affirmé que « la question spirituelle doit jouer un rôle dans la société », elle note que « la quête de sens n'a sûrement jamais été aussi importante qu'aujourd'hui. La croyance diffuse des valeurs, et tout ce qui diffuse des valeurs est positif ».

 

Voilà donc la ligne sarkozienne : les valeurs, à n’importe quel prix. Tant et si bien que dans ces discours (et en particulier quand une directrice de cabinet dédouane les sectes !), on sent percer déjà une politique volontariste, amenée avec plus ou moins de douceur. En manque de lien social, la France aurait besoin du secours des religions, toutes les religions. Tout ça n’est rien moins que du marxisme perverti, où l’Etat vend au peuple son opium.

 

Sources : L’Humanité, Le Nouvel Observateur

Par JY & A
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Articles récents

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus