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Publié le par JY et A

Les péripéties médiatiques se bousculent cette semaine. Ainsi le trivial « quel imbécile » du Président de la République à propos de son porte parole qui a émergé dans la plupart des journaux télévisés français en début de semaine a vite laissé la place à une  déclaration du chef de l’Etat, où il « demande que les propriétaires de chien encourent 10 ans de prison, en cas d'homicide involontaire » ; ceci suite à la rencontre de Nicolas Sarkozy avec les parents d’un enfant décédé suite aux morsures d’un chien. Ce mercredi, c’est le Conseil des Ministres « décentralisé » qui occupait les médias (France Inter, ainsi, avait installé sa matinale à Ajaccio) et agitait l’île.

 

Certes, ces trois avatars médiatiques ne sont pas liés. Mais avec un peu de recul, on ne peut s’empêcher d’y voir une fois de plus la marque de la superficialité absolue qui marque le traitement de l’information par les médias (surtout la télévision, mais pas seulement). Si le premier n’est pas à porter au crédit de Nicolas Sarkozy, il n’en reste pas moins symptomatique : c’est une anecdote sommes toutes assez insignifiante qui se fraye un chemin jusqu’aux lumières, tandis que les éléments de fond contestables de la politique sarkozienne ne sont jamais mis en lumière, ou de manière sporadique.

Quant à la réaction au fait divers, elle est un symbole de plus de la frénésie d’un Président qui étouffe Premier Ministre, Gouvernement, Parlement, réagissant du tac au tac au moindre soubresaut médiatique. Comme si le nombre de journaux reprenant une nouvelle devait régler l’entrée en action (ou pas) du Président…

Enfin, le Conseil des Ministres « décentralisé », qui n’a, semble-t-il, absolument aucune justification autre que médiatique. C’est même une perversion du concept, juridiquement très clair, de décentralisation. En fait de rapprocher les institutions du peuple en le conviant plus avant aux processus décisionnels, ces initiatives permettent aux provinciaux de voir le Gouvernement décider au coin de la rue. Le changement est cosmétique, au mieux.

 

Mais y’a-t-il lieu de s’indigner de tout cela ? Sans doute, oui. Même si la rengaine est connue, on ne peut que pointer encore l’obsession des politiques pour l’image et l’apparence. Certes, ça n’est pas nouveau et ça n’est surtout pas le simple fait du monde politique, qui s’appuie sur une collaboration bienveillante des grands médias. Ce qui est choquant aujourd’hui, c’est de voir chaque semaine à quel point le Président se complaît dans l’exercice et à quel point les projets de long terme semblent passer à la trappe.

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jeanfou 04/11/2007 15:36

Non mais le contre pouvoir n'est pas composé uniquement d'initié... Je crois juste que ce sont eux qui suscitent les critiques qui feront tâche d'huile.

poncho 04/11/2007 10:16

ben tu disais que le juste milieu serait "les mesures réellement inacceptables seront dénoncées par un contre pouvoir initié"
et bien oui, c'est un 1er pas mais le but du jeu serait que le contre-pouvoir ne soit plus composé uniquement d'initiés voilà.

jeanfou 03/11/2007 20:24

Pourrais tu expliquer "dépasser ces "initiés" "?

Pour la pédagogie "destinée au plus grand nombre" je ne sais vraiment pas... J'ai envie d'y croire mais je suis pas sur.

poncho 03/11/2007 19:09

vous expliquez votre point de vue et ça tranche du reste de la vie politique actuelle si on prend un point de vue simpliste

A 03/11/2007 18:22

Je me permets de dire que ce blog ne vise pas à éduquer qui que ce soit, ni n'a de visées pédagogiques. Tout ceci est fort partisan, nous ne le nions pas. D'ailleurs, je ne suis pas convaincu que l'on puisse intéresser à la politique de manière "pédagogique". C'est un débat intéressant...