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Publié le par JY & A

C’est aujourd’hui qu’entrent en vigueur les franchises médicales, comme nous le rappelle Libération. Cette réforme pose divers problèmes.

 

Un problème d’équité tout d’abord. En effet, en dehors des bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle et des enfants, tout le monde devra s’acquitter de la même franchise. Or il est évident que si la somme prélevée (50 centimes par soin, dans une limite de 50 euros par an et par personne) paraîtra tout à fait modique à une personne aisée, elle pourra être considérable pour une personne à bas revenu qui ne bénéficierait pas de la CMU.

 

De plus, cette réforme ouvre une brèche symbolique dans le modèle de sécurité sociale français basé sur la solidarité et qui avait pour principe que les frais de soins d’une personne malade soient assurés par l’ensemble de la collectivité. S’installe alors lentement l’idée du malade payeur, au nom d’une nécessité budgétaire psalmodiée depuis des années. Sans doute des sacrifices sont-ils nécessaires, mais rien n’indique que ceux qu’exige le gouvernement actuel soient pertinents.

 

La sécurité sociale a fait la fierté de la France durant la seconde moitié du vingtième siècle et jusqu’à nos jours. Son déficit qui est d’environ 12 milliards d’euros, n’est pas catastrophique mais problématique, or si une réforme (rappelons au passage la définition du terme que nos gouvernants semblent avoir oubliés: une réforme est un changement dont le but est d'apporter une amélioration) est nécessaire, elle devrait être plus ambitieuse et équitable que ne l’est celle-ci, dont le nom même de « franchise » témoigne d’une perspective comptable, bien morose pour la sécurité sociale française.

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