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Publié le par JY & A

Le Président de la République a dévoilé il y a quelques temps sa réforme de la télévision publique. Outre la suppression de la publicité à partir de 20 heures (qui constitue une inflexion par rapport à la volonté initiale de supprimer intégralement la publicité sur les chaînes du groupe France Télévision), Nicolas Sarkozy souhaite que le président du groupe France Télévision soit « nommé par l'exécutif ». C'est selon lui une mesure « démocratique » et les choses seraient simplifiées puisqu'« il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président ».

Tout d'abord, on peine à voir comment ce mode de désignation pourrait être qualifié de « mesure démocratique ». En effet, contrairement à la règle en vigueur actuellement (sous l'étroit contrôle du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, bien que la nomination conserve quelques ambiguïtés politiques), la nouvelle règle ne prévoit pas d'autre garde fou qu'une consultation non contraignante du CSA et d'un vote d'opposition à la majorité qualifiée de l'assemblée, ce qui serait fort peu probablement réalisable, puisque cela exigerait de la part d'une bonne partie des députés de la majorité qu'ils s'opposent frontalement au Président de la République.

L'argument de la simplification de la procédure n'est également pas acceptable. La fonction même des médias dans la vie politique rend évidents les dangers, ou du moins les soupçons, que ne manquera pas de faire remonter le système voulu par Nicolas Sarkozy. Ce prétendu bon sens inspiré du CAC 40 ne cache pas une seconde ce qui ressemble à une reprise en main. Il est peu probable que la République française prenne un tour dictatorial, quand bien même le Président de la République nommerait le président du groupe France Télévision. Mais il est à peu près certain que la démocratie n'en sortira pas grandie.

Source: Libération

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